Ca y est ! On sait pourquoi les Français sont nuls en économie...

Publié le par David Hénaux


Entre la crise économique, l’hiver (particulièrement froid cette année) et l’interdiction de la pêche au thon rouge, on n’a pas l’occasion de rigoler tous les jours en ce moment.

 

Aussi, je ne serai jamais assez reconnaissant envers  La Tribune pour les quelques minutes de fou-rire que m’a procuré la lecture de cet article, consacré à l’enseignement des sciences économiques et sociales au lycée.

 

Attention, ça commence très fort : « En économie, les Français ont peu de connaissances et beaucoup de croyances »… « Quand neuf Français sur dix ne savent pas calculer le taux d’intérêt effectif des emprunts qu’ils contractent, et qu’encore six sur dix se révèlent incapables de comparer deux abonnements de téléphone portable, c’est que leur lacune devient un handicap pour simplement bien vivre. »

Curieuse conception de l’économie… J’ai beau me creuser la mémoire, je n’ai pas le souvenir d’avoir eu le moindre cours de comparaison des forfaits téléphoniques durant mes études d’économie. Mais j'ai dû être absent ce jour là.

 

Le meilleur est cependant à venir : « Pourquoi ? Le rapport de l'économiste Roger Guesnerie ainsi que les travaux d'évaluation réalisés par des économistes de grandes universités étrangères à la demande de l'Académie des sciences morales et politiques sont formels : c'est dans l'enseignement économique et social dans les lycées qu'il faut en chercher la cause»

Oui oui, vous avez bien lu : si les Français sont nuls en économie, c’est-à-dire s’ils sont incapables de comparer deux abonnements de téléphone portable, c’est tout simplement à cause des cours de sciences économiques et sociales au lycée. Et attention, c’est pas n’importe qui, l’info vient des « économistes des grandes universités étrangères » (Ca fout presque la trouille, si ça se trouve y’a des prix nobels dans le lot !).*

 

Le reste de l’article relève de la fantaisie la plus totale et je manque malheureusement de temps pour relever toutes les aberrations. Allez, juste une dernière : « les professeurs [de sciences économiques et sociales] du secondaire, dont beaucoup sont historiens ou géographes avant d'être économistes ».

Oui, c'est un fait bien connu, pour réussir le concours de recrutement (très sélectif )des professeurs de sciences économiques et sociales, il est fortement conseillé de ne pas faire des études d'économie...


 Non, franchement, un grand merci à Valérie Segond. Il ne reste plus beaucoup d’authentiques comiques aujourd’hui.

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 * Rappel : l’enseignement des sciences économiques et sociales n’est suivi que par les bacheliers ES, qui ne représentent qu’un tiers des bacheliers généraux, qui eux-mêmes ne sont qu’un tiers d’une classe d’âge. Pour dire les choses autrement, un peu plus de 10 % seulement d’une classe d’âge suit un enseignement de SES au lycée. (Un peu plus si l’on prend en compte l’option de SES en classe de seconde à raison de 2h30 par semaine…).

Publié dans L'enseignement des SES

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Cédric 10/02/2010 19:13


d'autres bétises ici pour mémoire :
http://obouba.over-blog.com/article-12109322.html
http://obouba.over-blog.com/article-12211612.html
http://obouba.over-blog.com/article-12241259.html
http://obouba.over-blog.com/article-12353186.html
http://obouba.over-blog.com/article-14472995.html
http://obouba.over-blog.com/article-15862427.html
http://obouba.over-blog.com/article-16363922.html


Une heure de peine 09/02/2010 16:01


J'avais du temps à perdre, donc j'ai tout répondu à cet espèce de machin innommable que la Tribune a le culot d'appeler un édito...


David Hénaux 09/02/2010 19:11


Oui, c'est en ligne ici. Beaucoup plus précis en effet. Joli fisking...


Pierrot 06/02/2010 09:08


Alors là c'est énorme. Je cours m'abonner à La Tribune...