Pôle emploi

Publié le par David Hénaux

J'ai eu l'occasion, cette année, de suivre de près le parcours d'une personne au chômage depuis plus d'un an (donc officiellement au chômage de longue durée).


Je passe rapidement sur les épreuves endurées : une centaine de candidatures spontanées, seulement 3 entretiens qui se passent plutôt bien mais qui n'aboutissent pas, des doutes, perte de confiance en soi, déprime, etc... Bref ! La routine pour un chômeur de longue durée.


Heureusement, il y a le Pôle emploi !

Elle attend beaucoup des entretiens avec son conseiller. De l'aide « technique » bien sûr, mais aussi du soutien. Elle note soigneusement, avant chaque entretien, les questions à ne pas oublier. Il faut dire qu'avec un seul entretien mensuel, il est préférable d'être bien organisé. D'autant qu'en dehors de ces entretiens, les relations avec le conseiller se font presque exclusivement par courrier. (Je ne parle pas du courrier électronique, mais du bon vieux courrier postal, avec un timbre et tout. En ce début de 21ème siècle et aussi sidérant que cela puisse paraître, il est impossible de joindre un conseiller pôle emploi par email. Quant à réussir à le joindre par téléphone, c'est à peine plus difficile que d'obtenir un visa pour la Corée du Nord. De ce point de vue, la plate-forme téléphonique du 39 49 n'a pas grand chose à envier aux hotlines des pires fournisseurs d'accès à Internet.)


Seulement voilà, au bout de deux ou trois entretiens d'une petite heure chacun, le conseiller lui dit qu'il va falloir réduire la durée à 20 minutes, qu'il ne peut pas se permettre de passer une heure avec tous les chômeurs. Petite claque. Sentiment de ne pas être écoutée et re-déprime.

Quelques jours plus tard, au cas où elle n'aurait pas compris, elle reçoit le courrier suivant (voir la chaleureuse ligne "commentaires").



En gros, les entretiens suivants se sont limités à vérifier que des recherches d'emploi avaient bien été entreprises. C'est sans doute ce qu'on appelle le « suivi personnalisé des chômeurs », au pôle emploi. Vingt minutes d'entretiens tous les mois (et pas une de plus).


Evidemment il s'agit d'un cas particulier que je me garderais bien de généraliser. Alors que la plupart des études montrent que l'accompagnement des chômeurs a davantage d'effet que n'importe quelle mesure d'incitation financière (voir par exmple ici), je ne peux pas croire que les conseillers du pôle emploi sont à ce point en situation de sous-effectif qu'ils sont contraints, pour atteindre leurs objectifs, de limiter les entretiens à 20 minutes.


Ce ne serait pas seulement inefficace, ce serait indigne d'un pays comme le nôtre.

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