Mon premier voeu pour 2009

Publié le par David Hénaux

Laurent Wauqiez, secrétaire d'Etat à l'emploi, a accordé une interview au journal Le Figaro le 11 décembre dernier. Il y explique le nouveau dispositif d'allègement des « charges » sociales patronales pour les très petites entreprises, destiné à créer des emplois, qui sera mis en place à partir du mois de janvier 2009.

Alors que le journaliste l'interroge sur la possibilité que les patrons en profitent pour licencier fin 2008 et réembaucher début 2009 pour bénéficier de cet allègement, L. Wauquiez a cette réponse intéressante :

Si on commence à « cadenasser » le dispositif, juste parce qu'on prête les intentions les plus perverses aux petits patrons, on construira une usine à gaz.


Ce n'est pas faux. Pourquoi partir du principe que les « petits » patrons sont forcément des individus qui cherchent à profiter du système ? On peut au contraire supposer que dans les très petites entreprises, les patrons ont d'autres objectifs que l'exploitation des salariés, ne serait-ce que parce qu'ils côtoient ces salariés à longueur de journée. Qu'il y ait des tricheurs, cela ne fait aucun doute, mais rien ne permet d'affirmer qu'une partie significative des patrons se comportera de cette façon. Et peut-on baser une politique de l'emploi sur le comportement supposé d'un infime pourcentage de la population concernée ?


Alors pourquoi ce gouvernement ne fait-il pas preuve de la même bienveillance à l'égard des chômeurs ?

Depuis quelques années, tout le discours politique consiste à aborder la question du chômage sous l'angle de la suspicion et de la culpabilisation. A force de présenter le chômeur comme un « profiteur », à force se sous-entendre que le chômage est toujours plus ou moins « volontaire », parce que « quand on veut, on peut », à force de mettre sur un piedestal la vraie France, celle de ceux « qui se lèvent tôt », qui « n'ont pas peur du travail », et de stigmatiser l'autre France, celle des « assistés », des RMistes,  l'idée que le chômeur est responsable de sa situation a fini par s'imposer comme une évidence.


Pour 2009, je fais donc mon premier vœu. Je souhaite que L. Wauquiez puisse, avec la même conviction, prononcer la phrase suivante : « si on commence à « cadenasser » le dispositif d'assurance-chômage, juste parce qu'on prête les intentions les plus perverses aux chômeurs, on construira une usine à gaz. »


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